VELOS-COUCHES
- HPV - VPH ?par Emmanuel Delannoy, membre de France-HPV
Pendant que certains améliorent les performances des coureurs à l'aide de diverses substances, d'autres cherchent à améliorer les performances des vélos.
Sur ce point, l'UCI est catégorique : les vélos couchés sont interdits des compétitions officielles, et leur architecture figée depuis 1934.
Historique
Le Vélocar, inventé et construit par Charles et Georges MOCHET (père et fils) dès 1928 est le premier "vélo couché" connu.
Sur ce vélo, Françis FAURE, à battu en 1933 sept records internationaux : 1, 5, 10, 20, 30, 40, 50 km et le record de l'heure (45,055 km/h).
En raison du trop grand avantage qu'elles offraient, l'UCI (Union Cycliste Internationale) exclura ces machines des compétitions officielles en 1934. Cette décision privera les vélos couchés de toute la publicité liée à la compétition, et aura pour effet de les reléguer dans la marginalité pendant plus de 40 ans.
Dans les années 70, les vélos couchés connurent un regain d'intérêt, car en améliorant les performances de la bicyclette elle devient alors plus attractive pour les transports urbains ou périphériques. Aux Etats Unis, au Royaume Uni, aux Pays Bas et dans d'autres pays "Anglo-saxons" - donc pas en France - l'invention de Charles MOCHET a retrouvé un certain crédit et a servi de base à de nombreux développements. Des courses et des records ont été organisés, prouvant encore les avantages liés à la formule. En clin-d'oeil à l'UCI, qui déniait à ces machines le nom de bicyclettes, ces engins ont été appelés H.P.V. (Human Powered Véhicle). Le terme de Recumbent (Du verbe latin recumbere, désignant la position semi-couchée) est aussi souvent employé par nos amis anglophones.
A cette époque fut crée l'IHPVA (Internationnal Human Powered Vehicle Association), qui fédère les associations d'amateurs de ce type de véhicule et en encourage la promotion. Elle organise aussi des compétitions, championnats et records internationaux.
En France, les amateurs de véhicules à propulsion humaine sont regroupés au sein de l'association France HPV.
Un peu de sémantique :
Un "important" débat sémantique a lieu actuellement : Certains, jugeant le terme de "vélo couché" peu valorisant et peu sportif proposent de garder l'acronyme HPV, prononcé à la française, à l'américaine (Haîtche Pi Vi), ou à la franglaise (Hache Pi Vi). D'autres suggèrent le terme de récombant, d'autres encore de franciser HPV en VPH (Véhicule à Propulsion Humaine). HPV, VPH, peu importe, mais ce sigle a l'avantage de désigner toutes les formes de véhicules à propulsion humaine, sur route, sur l'eau ou dans les airs, alors que "vélo couché" ou récombant se limite à désigner le véhicule routier. Peu importe à vrai dire, l'usage tranchera ce débat.
Les avantages :
Le confort : c'est l'avantage le plus évident. La position assise est naturelle, et permet d'éviter de nombreux problèmes de douleurs de selle ou dans le dos, les épaules ou le cou que connaissent les cyclistes. C'est le vélo qui s'adapte à l'homme, et non l'inverse.
Une meilleure aérodynamique : Le cycliste offre une surface frontale moindre, les jambes étant dans l'alignement du corps. Ce point est déterminant : un cycliste roulant à 30 km/h sur un vélo conventionnel dépense 80% de son énergie à déplacer de l'air !
Un appui sur le dos et les épaules, ce qui aide à mieux transmettre la puissance aux pédales.
Une vitesse en courbe élevée : La possibilité de continuer de pédaler en virage, sans risque qu'une pédale touche la chaussée, alliée à un centre de gravité très bas, permettent d'étonnantes performances en virages.
La sécurité : le centre de gravité bas de ces engins permet d'obtenir des puissance de freinage remarquables, sans risque de basculer par dessus le guidon. En cas de choc frontal (avec une voiture par exemple), ce sont les pieds et non la tête qui encaissent le choc.
Tous les records de vitesse actuels, pour des engins à propulsion humaine sur route, air ou mer sont détenus par des véhicules où les "pilotes/moteurs" étaient installés en position allongée, ou semi-allongée.
A titre d'exemple, les records actuels (pour des vélos couchés carénés) sont de :
Record de l'heure : 84,215 km (par Sam Whittingham en 2004)
Record féminin de l'heure : 73,411 km (par Rosmarie Bühler en 2004)
(Record actuel en vélo classique : 56,376 km (Chris Boardman en sept 96) ou 49,441 km selon les nouvelles mesures restrictives introduites en 2000!!!)
Record du 200 m lancé : 130 km/h
Pour ceux qui voudraient relever le défi, un prix international, ($23.000) sera accordé au premier homme franchissant le DéciMach (1/10ième de Mach 1), et atteignant 82 miles/h, soit 135 km/h. Ce prix sera même augmenté de $ 500 si ce premier homme est une femme.

Laurent CHAPUIS, notre champion international,
Dans son "Nilgo", construit par Raymond BRICHET.
Pas encore 120 km/h, mais c'est pour bientôt !
Typologie :
Il existe des Véhicule à Propulsion Humaine sur route (les fameux "vélos couchés") à deux ou à trois roues, voire plus. Il en existe aussi sur l'eau ou dans les airs. Dans ce dernier cas, des distances impressionnantes ont été couvertes, parfois plus de 100 km. Par ailleurs, Un "avion à pédale" a traversé la Manche en 1979.
Les HPV sur route peuvent être regroupés en plusieurs catégories :
Deux roues empattement long (La roue avant se trouve en avant du pédalier) : Les plus anciens historiquement. Ils sont plus stables et plus facile à piloter, mais assez encombrant. Leur maniabilité peut parfois être insuffisante, notamment en ville. Le guidon peut être haut (à hauteur des épaules), ou bas (sous le siège). La tendance actuelle est de faire des HPV à empattement long compacts, qui apportent l'avantage de la facilité et de la stabilité tout en réduisant l'inconvénient de l'encombrement.
Deux roues empattement court (la roue avant est placée derrière le pédalier) : Plus légers, moins encombrants, plus maniables et plus nerveux, leur pilotage peut s'avérer plus délicat. Autrefois réservés à la compétitions, ils connaissent aujourd'hui un succès important même pour le cyclotourisme, voire pour la ville. Il existe des HPV empattement court à propulsion avant, le pédalier agissant sur la roue avant. Le guidon peut être haut (à hauteur des épaules), ou bas (sous le siège).
Les tricycles : Trois roues, bien sûr c'est plus stable. La sensibilité au vent latéral est beaucoup moins importante, notamment si l'on utilise un carénage intégral. Peut-être le véhicule urbain individuel de l'avenir ?(voir photo ci dessous). Moins rapides que les deux roues, en particuliers en virage, ils sont progressivement abandonnés en haute compétition. On leur trouve par contre de nouvelles qualités pour des usages utilitaires ou urbains : Ils peuvent être lourdement chargés sans conséquence sur la stabilité ou la maniabilité, ils peuvent être carénés, le carénage prenant là une fonction plus utilitaire pour abriter le pilote des intempéries. On peut maintenir les pieds sur les pédales aux feux, ce qui facilite les démarrages, y compris en côte, et enfin, on peut gravir les côtes à très basse vitesse, en utilisant de tous petits développements, ce qui est impossible sur un vélo classique ou une certaine vitesse est nécessaire pour garder l'équilibre. Deux inconvénients toutefois : l'encombrement au sol, dû à la largeur du véhicule (de 60 cm à 1m environ, selon les modèles), et la nécessité de ralentir avant les virages, sous peine de décoller une roue.
Tous ces engins peuvent être équipés de carénages intégraux, ou partiels, ce qui augmente les performances sur le plat et en descente. De nombreux fabricants ou artisans proposent d'équiper leurs machines de moteurs électriques ou solaires, pour faciliter les démarrages ou le passage des côtes.
Pour se faire une opinion, rien de tel que d'essayer, lors d'une foire ou d'une exposition consacrée aux HPV. C'est l'usage qui détermine le choix, chaque machine ayant sa vocation : vitesse pure, course, cyclotourisme ou cyclocamping ou utilitaire.

Le "Go-One", un tricycle "utilitaire" ou "vélomobile" dernier cri.
Actualité et perspectives :
Il est difficile de dire aujourd'hui quel est l'avenir des ces engins. En France, on en compte moins d'une centaine en circulation. Dans d'autres pays, leurs avantages sont mieux reconnus : il y aurait plus de 2.000 pratiquants aux USA, environ 1.000 en Allemagne, et presque autant en Suisse, aux Pays Bas ou au Danemark.
Des manifestations de plus en plus nombreuses leurs sont consacrées (foires, expositions, championnats, ...). Les championnats d'Europe auront lieu cette année à Roskilde, au Danemark, du 5 au 9 août, avec des compétitions sur route, sur l'eau ou dans les airs. En France, des championnats ont lieu tous les ans, et le premier salon à faire une large place aux HPV fut en 1997 année le "Salon du cycle du Futur" de LUNEVILLE. Il a eu lieu cette année les 9 et 10 mai. (Contact et information : 03 83 74 09 24). Le salon "Spezi", organisé à GERMERSHEIM par Haasiet Radshlag, a eu lieu les 23 et 24 mai. C'est un événement exceptionnel qui permet de se faire une idée du futur des véhicules à propulsion humaine. Ces salons sont aussi une occasion d'essayer de nombreuses machines et de se faire une opinion.
Mais le principal est le plaisir qu'il y a à piloter un HPV. On y retrouve les sensations intactes de ses premiers tours à bicyclette. L'appréhension qu'il y a au premier abord (C'est comme s'il fallait ré-apprendre à faire du vélo) est vite vaincue, et c'est un motif de satisfaction supplémentaire. Par ailleurs, la curiosité et l'étonnement que suscitent ces machines auprès des passants ou des autres cyclistes en font de véritables machines à faire tomber les barrières et à délier les langues.
L'avenir sera déterminé par les pratiquants, et par la façon dont ils communiqueront leur passion.
Quelques références :
Vous pouvez trouver d'autres informations, (en anglais), sur le site de l'IHPVA, de nombreux liens avec les sites de clubs européens, de fanas ou de fabricants sont disponibles.
L'excellente revue anglaise "Bike Culture", consacrée au monde du vélo sous toutes ses formes (urbain, militant, voyage, sport, etc.) parle fréquemment des HPV et publie tous les ans "enCYCLEopedia", qui offre un panorama de tout ce qui ce fait dans le monde du vélo.
Le magazine américain "Recumbent Cyclist News" est consacré exclusivement au HPV.
Son "petit frère" vient de naître (aucun lien de parenté en fait), Recumbent UK est réalisé par d'authentiques passionnés et offre un point de vue européen sur l'actualité du VPH. Pour un abonnement annule de seulement £9, il ne faut pas s'en priver.
"Les VPH Déchaînés", le bulletin trimestriel de France-HPV, fournit tous les contacts et le calendrier des événements, en plus de commentaires, de comptes rendus et d'astuces diverses.
Le livre "Vélo Passion", co-écrit par Jim Mc GURN offre un inventaire intéressant de toutes le pratiques et de toutes les tendances du cyclisme. Un chapitre est consacré aux HPV, un autre aux véhicules mixtes solaire/pédales.
Je ne peux pas ne pas parler de la Fubicy, qui regroupe les associations en faveur de l'usage urbain et quotidien du vélo, ce moyen de transport génial, rapide et non polluant, promis à un grand avenir. Pensez-y à chaque fois que vous avez un trajet à effectuer : faire du vélo, c'est sérieux, et c'est un "acte" civique et responsable.
Vélo Futura, est le premier spécialiste du vélo couché en France. Marc vous attends pour vous présenter ses machines de rêve, dans sa boutique au 3, rue Louis Lamothe 33510 ANDERNOS les bains. Renseignements au 05 57 70 29 44 (tel/fax).
Le "Tour de l'Environnement"
Cette manifestation a pour but principal de se faire le relais des initiatives prises dans le domaine de la protection de l'environnement par tous (particuliers et associations), et d'en communiquer une synthèse aux organisations européennes concernées, ou aux associations qui en feront la demande. Elle permet aussi à chacun de s'exprimer sur le sujet, au travers de questionnaires et d'interviews réalisées en route ou lors des étapes. Le moyen de transport retenu est le vélo couché, pour toutes les raisons expliquées ci-dessus, et en plus pour sa faculté de délier les langues.
Le départ du Tour de l'Environnement '97 a eu lieu le 5 juillet de Strasbourg, et il est arrivé à Copenhague le 19 juillet. Il a connu un accueil très encourageant et prometteur pour l'avenir à Strasbourg et à Lunéville, qui fut la première étape. Même si les badauds étaient peu nombreux sur le parcours, les contacts étaient sympathiques et constructifs. De nombreux responsables d'associations cyclistes ou de protection de l'environnement se sont intéressés au projet et sont venus assister aux départ. Des élus, notamment Roland RIES, maire de Strasbourg, sont venus à notre rencontre, ainsi qu'une représentante du Conseil de l'Europe. Beaucoup nous ont sollicités pour le rapport que nous ferons et pour participer à l'organisation du tour les années à venir.
La presse écrite locale, ainsi que plusieurs radios, ont annoncé puis commenté l'événement (L'Alsace, les DNA, l'Est Républicain, Radio France Alsace, etc.). Sans parler, bien sûr de l'excellent Vélocité, le magazine du cycliste urbain !
La façon dont se sont déroulés les trois premiers jours en France, et la suite du parcours dans les autres pays traversés, nous ont confirmés dans l'idée d'organiser une suite en 1998.
Cette année, le Tour de l'Environnement aura lieu en sens inverse, avec départ de Copenhague le 9 août et arrivée à Strasbourg le 21.
Le couplage du départ avec la fin des championnats d'Europe de HPV qui auront lieu cette année là au Danemark, devrait nous permettre d'avoir plus de participants au Tour.
Pour savoir comment et ou essayer un HPV, ou et comment s'en procurer un,
Pour en savoir plus sur le "Tour de l'Environnement",
Ou simplement pour prendre contact, critiquer ou compléter cette page, adressez-moi un "mél".

Le "Leitra", un tricycle "utilitaire", ou "velomobil" danois.
Le véritable vélo "tout temps"
Page écrite en 1998 par Emmanuel Delannoy
Page actualisée en 2005
