Bent Over Bordeaux 2001
Par Rodolphe Friemel, avec les informations
et photos de Mark Sherpenzeel, et de Didier Varin.
Article écrit pour le magazine les VPH-Déchaînés.
Accueil du sud-ouest
Je suis à peine installé à Toulouse depuis octobre, voilà que mon ami Mark m'invite
à une course de vélos couchés au fameux vélodrome de Bordeaux, le 24 novembre.
C'est un signe que la région Sud-Ouest sait accueillir les nouveaux chaleureusement
!
J'ai raté l'Airodin Open en juin 2001 à Bordeaux, alors cette fois, rien ne
m'empêchera d'aller y faire un tour. (voir le site web www.optima-cycles.com
, à la page "events" pour des reportages sur les événements de juin et de novembre
à Bordeaux).
"Tu ne peux pas apporter ton vélo couché ? Pas de problème, on trouvera bien
un modèle Optima à ta taille." Mark a su me mettre l'eau à la bouche, et je
n'ai pas regretté le déplacement, comme vous allez le voir.
Esprit de l'événement
Mark Sherpenzeel tient à Andernos les Bains (bassin d'Arcachon, près de Bordeaux)
le premier magasin de vélos couchés en France : AIRODIN. Il est importateur
de la marque hollandaise Optima, et centre de test. Grâce à son site web, les
locations de vélos couchés dans cette région touristique, et sa présence à de
nombreux événements VPH, Mark a tissé un réseau de passionnés de vélo couché
et de sports de glisse. L'organisation de cette course dans le vélodrome de
Bordeaux est pour lui un moyen de réunir ses amis autour de la même passion,
et contribuer à construire une image d'excellence et de performance des vélos
couchés.
Les possesseurs de vélos couchés orientés vers la performance peuvent tester leur engin dans d'excellentes conditions, se confronter à d'autres sportifs, voire tenter des records. Ceux qui préfèrent la ballade ou l'utilitaire, peuvent admirer les rapides, causer technique, tester des modèles dont ils ont entendu parler, et bien sur, faire connaissance avec d'autres passionnés. La randonnée du dimanche matin est dans cet esprit, fidèle à l'ambiance familiale que l'on connaît dans les regroupements de VPH.
Parenthèse de vocabulaire : "bent" est la contraction à l'américaine du mot "recumbent bicycle", qui signifie en anglais vélo couché. Vous le trouverez souvent sur les sites web américains, et sur www.optima-cycles.com, ou encore perso.libertysurf.fr/elcondor, favoris des "bentriders", avec bien sûr le site de France-HPV, www.ihpva.org/chapters/france (où il n'y a que des mots français !). J'interprète donc l'expression B.O.B. (Bent Over Bordeaux) de la façon suivante : "On a roulé sur Bordeaux en vélo couché", à la façon de Tintin : "On a marché sur la Lune". Mark me suggère aussi l'interprétation suivante : "Bent Over" veut dire aussi "se plier". Bordeaux va donc se courber devant la déferlante VPH. L'opinion générale devra admettre la puissance de cette nouvelle tendance, etc.
Participants
Samedi soir, vers 18h, à mon arrivée au parking du vélodrome couvert de Bordeaux,
j'apercevais déjà quelques voitures aux galeries étranges. Des personnages originaux
aux pantalons collants extrayaient de leurs véhicules des engins extraordinaires.
La lumière orange des réverbères faisait scintiller les équipements métalliques,
et on devinait le luxe d'une peinture flashy sur de gros tubes d'aluminium audacieusement
cintrés. Je ne m'étais pas trompé d'endroit, j'étais bien au Bent Over Bordeaux
2001 ! Alors que les dernières courses de l'après-midi se terminaient (sur vélo
classique), je retrouvai avec grand plaisir, au centre de l'anneau de 250 m,
quelques fidèles habitués des événements VPH :
- Daniel (père) et Philippe (fils)
Dussart, des habitués de longue date du monde VPH, venaient de la région parisienne
avec le superbe Baron à pointe arrière noire, qui défie les cyclistes tous les
dimanches à Longchamps (contactez Philippe pour participer à ce délice).
- La famille Couzinet au complet (Sammy et ses parents), adeptes entre autres
du Condor équipé tout chemin, me faisaient la gentillesse de m'héberger à Bordeaux.
- Didier Varin, déjà un habitué du trophée KIDAM et des longues traversées de
France, arrivait de Normandie, impatient d'essayer son nouveau Baron rouge,
et de photographier l'événement (merci pour certaines images de cet article).
- Mark Sherpenzeel, organisateur de ce regroupement, avait invité ses amis de
Hollande et de Belgique : Tim Biesemans et ses compagnons, tous adeptes des
Baron ultra bas avec pointe arrière (le petit carénage qui fait gagner quelques
précieux km/h).
- Aurélien Bonneteau, le jeune athlète très prometteur, se préparait pour le
record de l'heure qu'il allait tenter en fin de soirée.
Je ne peux citer tout le monde car ma mémoire des noms est défaillante, mais outre les personnes que j'avais le plaisir de connaître par des regroupements de VPH antérieurs, j'ai rencontré beaucoup d'adeptes, curieux et dynamiques, du cru local (Bordeaux, La Rochelle, Toulouse) ou qui venaient de loin (Paris, Annecy, Montpellier, Rouen, Belgique, Hollande). Par exemple, deux heureux possesseurs de Barons sont venus de Haute Savoie en 12h de route ! Gilles Rion et Jean-Pierre Henon écument les crêtes des Alpes à la recherche de sensations fortes et de vitesses inédites. Hélas, ils ignorent tout des autres amateurs de velo-couché de leur région. Pour les rejoindre, adressez-vous au correspondant régional de leur secteur, qui saura vous aiguiller.
Notons enfin que parmi les participants il y avait 3 garçons de 18 ans : Aurelien, Sammy et Simon Babarit. C'est une bonne nouvelle pour l'avenir des courses de VPH en France.
Au total, 19 compétiteurs et leurs amis (le vélodrome a accueilli plus de 60 personnes ce soir là) se retrouvaient ici par curiosité, ou par désir de tester leurs engins de course sur la très belle piste couverte en bois de Bordeaux, puis de faire une ballade décontractée (25 participants) au bord de l'océan avec des passionnés de vélo couché.
Courses
Après quelques branchements
de qualité professionnelle, le ton fut vite donné : une sono d'enfer rythmait
l'événement, réchauffant l'atmosphère un peu fraîche de cette fin d'automne.
La responsable du vélodrome s'excuse de cette basse température, il paraît que
le chauffage était à fond, mais le grand volume est long à réchauffer en cas
de coup de froid. Cette température n'a pas été favorable aux performances :
l'air froid est plus dense, et augmente la traînée aérodynamique, prédominante
à grande vitesse et sur ce sol très lisse.
Après quelques tours d'échauffement, d'essais et de conversations techniques (typiques des regroupements de VPH), l'épreuve du 1000 mètres départ arrêté fut lancée. Chacun son tour, faisait 4 tours de piste le plus vite possible. Une petite option pour les malins : on pouvait choisir son disque auprès du D.J. pour se donner du courage. Et il en fallait, car le dernier tour en sprint est difficile à tenir !
Le chrono était assuré par la famille Couzinet et le père Dussart, tandis que l'animation au micro était menée par Mark en personne, sauf pendant sa course, où j'ai pris le relais. Plus à l'aise dans les efforts explosifs qu'en endurance, je réussis à décrocher de justesse la seconde place devant Philippe, et loin derrière Tim (voir le tableau). Je dois avouer que cela n'aurait pas été possible sans la gentillesse de Pierre Cardineaud, de La Rochelle, qui m'a prêté son Baron rouge pour ces courses.
Sur la piste, à fond les pédales, on sent vraiment les qualités de performance d'un tel engin, bas et rigide : la vitesse de croisière est sensiblement supérieure à celle des modèles de randonnée. Au premier abord, la piste en bois présente une pente vertigineuse dans les virages, on a vraiment peur de s'y aventurer. Mais sur un " low racer " comme le Baron, la grande vitesse permet carrément de monter dans le virage et de se faire des sensations trépidantes en inclinaison.
Voici les résultats du KILOMETRE DEPART ARRETE, (issus du site Internet :http://www.optima-cycles.com/events/BOB2001.htm)
Vint ensuite la couse dite du diable. Un groupe de concurrents s'élance pour un tour de chauffe, puis à chaque tour, le dernier de la file est éliminé. Pour gagner, il faut donc faire autant de tours qu'il y a de participants, sans jamais se retrouver dernier au passage de la ligne. Lorsque les participants sont nombreux, il arrive que les plus rapides rattrapent d'un tour les plus lents. Ils n'ont pas le droit de les dépasser donc ils patientent derrière. C'est alors la chance des outsiders, qui n'auraient pas pu suivre les plus rapides dans une course normale. C'est aussi une épreuve de résistance, surtout si la piste est longue, car il faut tenir autant de tours qu'il y a de participants.
Ce soir là à Bordeaux, à mon grand avantage, les choses se passèrent autrement : nous n'étions que 3 par poule de qualification, donc il fallait assurer 2 tours de sprint. Dans la finale (plus longue car six concurrents), Tim resta inaccessible devant moi : alors que je crachais mes poumons pour essayer de le rejoindre, il correspondait tranquillement par signes avec ses amis sur le bord de la piste, tout en me surveillant du coin de l'oeil. Sammy, sur Baron également, arracha la troisième place.


de gauche à droite
: Rodolphe Friemel (F), Tim Biesemans (B) et Philippe Dussart (F)
En fin de soirée, épuisés par ces efforts explosifs, nous sommes passés aux choses sérieuses : le casse-croûte. Nous avons alors vu s'élancer Aurélien Bonneteau pour sa tentative de record de l'heure. Tim, encore assez frais après ses victoires, et surtout sa longue soirée à la fondue savoyarde, avait commencé la course en parallèle, mais il abandonna vite, voyant qu'il était très en dessous de ses performances habituelles. De son côté, Aurélien a parcouru 45,130 km en 1h. Cela nous donne une référence pour les prochaines courses de cette durée. La température assez basse (augmente la traînée aérodynamique) a du contribuer à ce résultat un peu décevant (on dépasse souvent 50 km aux championnats européens). Dans l'après-midi, sur le même vélodrome, les vélos de course classiques avaient plafonné à 43 km/h. Le pédaleur couché a donc une fois encore une longueur d'avance (voir Airodin Open juin 2001 sur le site d'Optima).
Pour vivre ou revivre en images cette soirée magique, vous pouvez demander à M6 (payant) la cassette vidéo du reportage qui est passé dans le " 6 minutes ". Certaines images spectaculaires ont été filmées par Tim, sur son vélo, en pleine vitesse sur la piste, à la poursuite d'un autre vélo couché. Tim, quand cesseras-tu de nous étonner ?
Randonnée - repas
Dimanche matin, rendez-vous à l'auberge pour un petit déjeuner très convivial
tous ensemble. Ce fut le complément idéal de ma nuit réparatrice chez les Couzinet.
Après s'être copieusement rempli la panse, nous voilà partis pour une petite
randonnée sur piste cyclable vers l'océan. Le peloton atypique s'étire tranquillement,
à un rythme de dimanche matin. On se croit dans un " social tour " de Cycle-Fest
à Lancaster (Grande Bretagne). On discute par groupes de deux ou trois. Chacun
parle des qualités et des limites de son vélo, donne ses astuces techniques,
évoque ses autres passions, ses voyages, ses expériences. On échange de vélo,
on sent enfin par soi-même ces petites choses que l'on a lues sur tel ou tel
choix technique, ses conséquences sur le plaisir et la performance.
Hélas, cette promenade très sympathique ne fut pas très longue (en kilomètres). En effet, les crevaisons se sont enchaînées comme une malédiction sur notre petit groupe, nous ralentissant considérablement. On attribue cela à l'humidité de la piste cyclable, qui favorisait sans doute la pénétration dans les pneus de petits éclats de silex dispersés au sol par la nature même du revêtement. Sans perdre une once de bonne humeur, nous nous sommes repliés sur la pizzeria la plus proche, où certains ont continué leurs conversations personnelles, tandis que d'autres (dont j'étais) s'exprimaient passionnément sur l'avenir de l'association France-HPV, les prochains événements VPH, et les énergies nouvelles à soutenir.
En effet, de nouveaux membres très actifs de France-HPV prennent des initiatives pour faire connaître les vélos couchés et l'esprit d'ouverture et d'innovation des Véhicules à Propulsion Humaine. (Relais Trans-Européen entre Marseille et Genève, Téléthon à Valence, Lunéville et Rouen, B.O.B., groupe de randonnée dans la région de Nice, entraînement hebdomadaire à Longchamps, etc.). Le potentiel et la motivation de ces personnes, associés à la curiosité de nombreux nouveaux amateurs, laissent entrevoir une année 2002 riche en rencontres VPH. Je vous laisse lire le calendrier sur le site de France-HPV.
Mais déjà, Mark nous promet une édition septembre 2002 du B.O.B., avec course sur le circuit auto de Mérignac le second jour. J'en ai l'eau à la bouche.
Rodolphe
Friemel
Responsable sud-ouest de France-HPV
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